Pour Jeff Wall l’art est une forme de réécriture permanente.

Le photographe canadien (né le 29 septembre 1946 à Vancouver) s’est fait remarquer en 1978 par une photographie maintenant emblématique de sa carrière « The Destroyed Room » qui représente une chambre totalement dévastée inspirée d’un tableau de Delacroix, « la mort de Sardanapale ».

La réécriture opérée par Jeff Wall est ici plutôt une simple évocation formelle, en effet seule la composition de la toile de Delacroix est reprise dans ses grandes lignes. C’est aussi la revendication d’une continuité culturelle. La mort de Sardanapale évoque la violence infligée aux femmes puisque le tyran vaincu fait égorger ses concubines pour les soustraire au rapt de ses ennemis. Jeff Wall dans ce palimpseste reprend la forme et le sujet pour le transporter au XX° siècle et en faire une « peinture moderne ». Cependant il va jusqu’à nous montrer les coulisses de l’œuvre puisque l’on voit très clairement qu’il s’agit d’un décor de studio et que l’éclairage aux ombres multiples et particulièrement virulent assume sa totale artificialité. Les avant-gardes et la mise en cause de l’authenticité de toute image et forme de représentation sont passés par là. Ce « tableau photographique » est sous forme visuelle une critique de la représentation tout en tentant ici de manière elliptique de documenter son époque[...]


En savoir plus

Paru en premier sur artefields.net le 1° octobre 2017